Tu peux toucher, c’est de la résine poncée. C’est doux. La surface de la toile est brossée en bandes blanches horizontales moussues, comme l écume de la mer noire sous la glace. Ce voilement étrange empêche de voir ce qui est à voir, c est àdire l image, la photographie, le visage, l autre. 

Mais aussi ce qui est écrit, dessiné où cayonné, petite scarification, moments d énervement, dentelles imprimées, épaisseurs, collage, restent occultes. Toutes ces choses plus ou moins compréhensibles, épluchures, scories, effilochures, charpies, bouloches éclatées en plein jour sur les toiles plus anciennes, apparaissent ici par bribes fantomatiques, a travers la matière transparente qui les sédimente. Il faut s ‘en approcher pour déceler quelque chose , les voir comme à travers l ‘ambre brut de la baltique.

Une sensualité offerte au toucher érotise l image 

Ce qui est donné à voir est voilé, ou dévoilé avec parcimonie. Le mécanisme de la mémoire enfouit le souvenir, la transparence de la gaze occulte l objet du désir.

Pour Didier Hagège, ce qui se trouve est dessous, compte dans la mesure où la densité et l épaisseur de toutes ces choses superposée provoquent des vibrations visuelles

Extrait  du texte d’ Ileana cornea

Magazine artension mai 2018

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